«Ce Conseil d’Etat branle au manche»

La candidature du député démocrate-chrétien Axel Marion est portée par le centre et les Vert’libéraux


Axel Marion se pose comme le représentant du centre. © Keystone 

Jérôme Cachin

Succession de Maillard » Axel Marion, 40 ans, défend le centre dans le spectre politique vaudois. Un centre composite, et qui évolue au gré des échéances. Responsable du domaine politique au sein de la Conférence des recteurs des hautes écoles suisses, le député démocrate-chrétien est soutenu par l’alliance du centre (Vaud Libre, UDF, PEV) et aussi par les Vert’libéraux. Il clôt la série des candidats au Conseil d’Etat, après Rebecca Ruiz (ps), Pascal Dessauges (udc), Jean-Michel Dolivo (Solidarités, Ensemble à gauche) et Anaïs Timofte (pop).

Ne seriez-vous pas le Calimero dans cette campagne, à vous plaindre de ne pas être perçu à la hauteur de votre force électorale, avec des médias qui vous relégueraient au rang des petits candidats, alors que vous ne considérez pas en être un?

Axel Marion: Je ne pense pas être un Calimero, mais c’est normal de demander un traitement équitable. Les médias ont le droit de rappeler l’importance numérique du PS et de l’UDC, chacun avec ses alliés. Je trouve que c’est aussi intéressant de montrer ce bel éventail de sensibilités: deux candidats de l’extrême gauche, une socialiste, un centriste et un UDC. Mon job est de défendre ce vrai espace au centre. Il m’est arrivé de déplorer un traitement de deuxième catégorie, mais ensuite j’accepte les formats choisis par les médias.

Qu’est-ce que le PDC a amené au Grand Conseil ces dernières années? A quel moment votre choix a-t-il été décisif?

Le centre, qui a un rôle d’équilibre, ce sont aussi les députés vert’libéraux et de Vaud Libre, en plus des démocrates-chrétiens. Le PDC a soutenu les prestations complémentaires pour les familles et la loi sur le logement. Quant à la réforme fiscale RIE III, elle a été élaborée en partie sur la base de mon postulat en faveur de la classe moyenne. S’il y a eu un score de 87% devant le peuple, c’est aussi parce que le centre a pu amener ses 10 à 15% de voix. Je me suis aussi battu pour la promotion de la santé et la prévention, domaine négligé par Pierre-Yves Maillard. Là, le canton n’a pas de stratégie… alors qu’il en a une pour la promotion du bois.

Cette question de promotion de la santé et de prévention, c’est la seule ombre au tableau de Pierre-Yves Maillard?

J’ai de la sympathie pour la proposition du PLR d’installer un conseil d’administration du CHUV. Mais le PLR veut aussi promouvoir les partenariats publics-privés au CHUV et je ne veux pas le suivre sur le chemin d’une privatisation. Le financement, en revanche, est un vrai sujet. Depuis 10 ans, il y a une hausse de 60% des prestations d’intérêt général, qui sont des subventions fourre-tout. Il y a une opacité qu’il faudra affronter. Enfin, il y a une dégradation des conditions de travail des infirmières et infirmiers notamment.

L’élection éventuelle de Rebecca Ruiz provoquerait un risque d’affrontement gauche-droite, plus qu’avant?

Pour utiliser des métaphores d’aviateur, je dirais que le gouvernement est actuellement en décrochage, qu’il n’a plus vraiment d’élan, et que ça branle au manche, car plusieurs ministres sont sur le départ. Les tensions se durcissent avec le parlement, à majorité de droite. Quand le gouvernement était fort, les relations étaient apaisées. Si l’alchimie entre les personnes ne fonctionne pas, ce que je peux craindre en cas d’élection de Rebecca Ruiz ou de Pascal Dessauges, alors il y aurait un affrontement gauche-droite. On regretterait de ne pas avoir élu un centriste.

Il y a deux ans, les Vert’libéraux étaient alliés avec le PLR et l’UDC, c’était le Centre-droite vaudois. Aujourd’hui, ils vous soutiennent. C’est l’acte de décès du Centre-droite vaudois?

Je ne m’intéresse pas trop à ce qui se passe dans les alcôves du Centre-droite vaudois. Aujourd’hui, le PLR soutient le candidat UDC et les Vert’libéraux me soutiennent. Dans le futur, j’espère qu’ils resteront durablement dans le giron du centre.

Dans le giron du centre, il y a aussi l’Union démocratique fédérale, l’UDF. Ce parti lance un référendum contre la pénalisation des propos homophobes, son président dit que l’orientation sexuelle est un choix personnel. Peut-on encore le considérer comme un parti centriste?

Nous ne sommes pas passés là-dessus comme chat sur braise. Nous avons dit à l’UDF Vaud que cette position de l’UDF Suisse était extrêmement problématique. La section vaudoise nous a assuré qu’elle ne participerait pas à la récolte de signatures et qu’elle se distinguait du parti suisse. Nous prenons acte et nous resterons vigilants sur le long terme. Le centre peut être très divers, mais une attaque contre les homosexuels ne peut pas être définie comme une politique centriste.

Bio express

1978

Naissance à Lausanne.

2006

Adhésion au PDC.

2011

Doctorat en relations internationales à Genève.

2017

Naissance de sa fille.